2022 en Covidland

mar. 04 janvier 2022

Catégorie : Râleries

Tags : Covid-19 Mépris

C'est la rentrée, bonne année, meilleurs vœux, tout ça. Mais cette année, la reprise a une saveur amère d'inquiétude, de colère et de perte de repères. L'heure n'est pas aux embrassades, aux vœux de « bonne santé » ou de divers accomplissements d'objectifs personnels que l'on espère évidemment pour nos élèves.

C'est la rentrée

La Covid-19 n'en finit pas de perturber les établissements scolaires. Mais là, on sent bien que la bombe à retardement va nous exploser entre les mains. Au regard des informations qui parviennent de-ci de-là, dans mon collège, ça a l'air moins pire qu'ailleurs — pour l'instant.

Rien que lundi 3 janvier, soit le jour de la rentrée, une trentaine de situations ont été gérées par la direction, qui de toute évidence n'a le temps de faire que ça de la journée. Et les élèves semblent tomber comme des mouches les unes et les uns après les autres.

Le protocole sanitaire a été publié dimanche 2 janvier à 16 h 30 dans un article de presse payante. Au dire du ministre, c'est « pour être au plus près de la réalité ». Mais concrètement, la seule conséquence est que… les règles ne sont purement et simplement pas encore appliquées faute d'avoir eu le temps de les mettre en place !

Histoire de fignoler le tableau, un malheureux concours de circonstances fait que la demi-pension (cantine) est désorganisée par le départ de la cheffe de cuisine, qui a obtenu sa mutation.

Côté adultes, c'est encore gérable : pas trop de profs absentes ou absents, mais la vie scolaire est très impactée.

Gestes barrières

Évidemment, le masque est obligatoire pour tous et toutes, partout, tout le temps. Mais avec un public d'enfants, impossible à faire respecter en continu. Dans mes classes, j'ai eu entre hier et aujourd'hui, environ 100 élèves et j'ai noté plus de 80 occurrences de non port de masque ou de port non conforme.

Et pour les adultes, on se contente des masques en tissu dont l'utilité est sujette à caution… quand ils ne sont pas empoisonnés. Selon Olivier Veran, ministre de les solidarités et de la santé, « des capteurs de CO2, il y en a pas mal ». C'est un pur et simple mensonge : aucun des établissements avec qui j'ai pu discuter n'est équipé.

Alors on fait cours avec les fenêtres ouvertes. Toute la journée. Là, il fait assez doux en région parisienne. Mais si les températures retombent, prétendre que l'institution et ses représentants, en particulier le ministre de l'Éducation nationale, veillent à l'ouverture des écoles en considérant avant tout « la santé et la sécurité des personnels et des élèves » ne sera qu'un mensonge de plus.

Et ça commence à faire beaucoup. Un jour, la corde va lâcher et la rancœur accumulée aura l'effet d'une bombe… un peu comme la bombe épidémique qui est en train de nous exploser à la figure. On entend partout parler de mépris institutionnel envers les personnels. Et si j'y étais assez imperméable jusqu'à récemment, c'est de moins en moins le cas. D'un autre côté, comment pourrait-il en être autrement quand la personne qui représente mon employeur passe son temps dans les médias à mentir, à nous ignorer et à mettre notre santé en danger ?

Et pendant ce temps, qui se préoccupe de pédagogie ?


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